HISTORIQUE

Des Hommes et des océans, genèse d’une aventure un peu folle.

Riche de rencontres, d’histoires et d’anecdotes en tout genre, l’association Pacifique est elle-même née de rencontres multiples. Rencontre d’hommes et de femmes, rencontre aussi avec la mer et ce qu’elle offre de rigueur et de promesses.
S’il fallait donner un début à cette histoire, on dirait que tout a commencé par une journée de 2001, en marge d’un séjour de plongée en Méditerranée, dans le sud de la France.

Quatre ans en mer

Faisait partie de la palanquée, ce jour de 2001 près de Toulon, Pietro Godenzi, encore tout imprégné du séjour de quatre ans en mer qu’il avait effectué de 1994 à 1998 à bord d’un voilier de 16 mètres en compagnie d’un copain comme lui biologiste de formation, Stéphane Fischer, et de leur compagne respective. Un périple qui avait mené le voilier du sud de la France en Grèce via l’Amérique du Sud, le cap de Bonne-Espérance, Madagascar, la mer Rouge et le canal de Suez.

Un certain Fleur de Passion...

La monitrice, Marie Monteau, avait elle aussi beaucoup navigué si bien qu’entre deux plongées, les discussions embrassèrent bien vite tous les océans du globe. Or il se trouvait que mouillait non loin de là, à Fort-Balaguier, un voilier sur lequel elle avait elle-même sillonné la Méditerranée. Un certain Fleur de Passion, un ketch de 33 mètres à l’histoire étonnante. N’était-ce pas l’occasion d’y faire un tour et de le visiter, juste par curiosité?

La visite eut lieu, de ce qui était alors un vieux gréement fatigué, quoique porteur d’une histoire et d’un souffle ne demandant que les hasards des rencontres pour renaître; et une certaine dose de folie aussi. Mais cela, il était encore un peu prématuré pour en avoir pleinement conscience…

La mer, un formidable théâtre

Il n’en fallut pas beaucoup plus pour que naquit l’association Pacifique. Le charme de Fleur de Passion avait opéré. Au retour des plongeurs à Genève, un noyau dur d’amis et de connaissances se constitua, réunissant autour d’une vision commune de l’existence six personnes éprises de mer, d’aventure et de grand large, intimement convaincues que la mer constitue, lorsqu’on la sillonne à la voile, un formidable théâtre pour l’épanouissement individuel et collectif. Ces fondateurs comprenaient, outre Marie Monteau, Pietro Godenzi et Stéphane Fischer, Pascal Sottas, charpentier dont les compétences dans le domaine du bois et de la construction allaient être déterminantes, Marc Hottinger, hydrogéologue et navigateur, enfin Bruno Ferrillo, qui allait avoir la tâche ingrate mais cruciale de veiller à la comptabilité de l’association.

Un pari insensé, une énergie farouche

Le pari était économiquement insensé, qui consistait à racheter un bateau en bien triste état, mouillé qui plus est à 500 km de Genève, dans le but lointain de la restaurer pour en faire une plateforme de partage et de vivre ensemble sur les océans. Il n’en fut pas moins lancé, les membres fondateurs de Pacifique faisant fi de l’avis des sceptiques. Fleur de Passion fut racheté en 2002 grâce aux fonds rassemblés - donnés, prêtés et engagés par eux mêmes - et l’association Pacifique créée la même année à Genève.

La suite, ce fut plus de six ans de travaux d’une restauration de grande ampleur, jalonnés de moments de fatigue, de doute et de découragement; mais irriguées aussi et surtout d’une énergie farouche qui, à chaque étape charnière, l’a finalement emporté, permettant au projet de se réaliser et à Fleur de Passion de vivre un deuxième printemps.

Le prix de la détermination et de l’humanisme

En 2006, alors que la restauration de Fleur de Passion n’en était qu’à sa moitié, l’association Pacifique s’est vue décernée par la Plateforme des Entreprises Professionnalisantes (PEP) de Genève le prix Michel Baettig, couronnant « les efforts de femmes et d’hommes qui concourent à la prospérité d’entreprises humanistes ». Force est de reconnaître qu’elle a fait honneur à cette récompense.

Au-delà, pendant ces six années de restauration, c’est aussi tout un réseau de soutiens tissé autour du projet qui a rendu celui-ci possible. Citons en particulier: la loterie romande, la Ville et l'Etat de Genève, des communes genevoises, la fondation Handisport, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), la Fondation Meyrinoise du Casino; des entreprises genevoises telles que Serbeco, Bernasconi SA, Bourquin SA, Jallut SA, RVM SA, Transvoirie SA, Maury SA, Victorinox SA, Ritschard SA, Grellor SA; des donateurs privés; et sans oublier les membres de l’association, ceux de la première heure comme les plus récents.

Que tous ces soutiens soient ici très chaleureusement remerciés pour leur rôle essentiel dans l’aventure.