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A bord de Fleur de Passion en cet été 2018, Emma, 19 ans et Jonathan, 17 ans, ont expérimenté la vie en mer dans le cadre du programme socio-éducatif Jeunes en mer, l'un des volets de The Ocean Mapping Expedition, tour du monde de 4 ans dans le sillage de Magellan sous l'égide de la Fondation Pacifique (www.omexpedition.ch). Embarqués à Madagascar début juin pour trois mois de navigation le long de la côte ouest de l’île, ils ont participé à la manoeuvre et aux quart, que ce soit de navigation de jour comme de nuit, de cuisine ou de vaisselle, pris part aux travaux d’entretien du voilier. Ils ont aussi observé et donné un coup de main aux programmes scientifiques du bord. Et dans leur temps libre, car il y en a aussi à bord, ils ont profité de faire des visites à terre lors lors escales et mouillage, et même fait leur baptême de plongée sous la supervision du chef plongeur du bord. Ils témoignent de leur expérience à bord et partagent leurs impressions.  

Emma: « Je suis arrivée sur Fleur de Passion le 1er juin 2018. On a atterri à Nosy-Be, une île de Madagascar. Les malgaches sont des gens très gentils. On est allé au marché pour faire des courses. Des gens sont venus à bord du bateau, ils viennent pour les vacances (ndlr : dans le cadre de The Ocean Mapping Expedition, Fleur de Passion se veut ouvert au plus grand nombre et à quiconque souhaitant embarquer comme équipier). Il y a une bonne ambiance.

Nous sommes partis de Nosy-Be pour aller sur d’autres îles, toutes plus belles les unes que les autres. Nous avons eu la chance de nager avec des tortues, qui elles aussi étaient magnifiques. Les gens de Madagascar sont très pauvres. Je me rends compte à quel point nous avons de la chance de grandir en Suisse. Par exemple, pas tous les enfants malgaches n’ont la chance d’aller à l’école ni ne choisissent le métier qu’ils veulent faire. Mais ils ont tous le sourire et sont très gentils. Ça fait vraiment du bien de voyager et de voir comment les gens vivent loin de chez nous. C’est très intéressant.

En ce qui concerne la langue malgache, je ne la parle pas. Mais ils parlent presque tous le Français. En tout cas, ils nous comprennent. Après quelques jours à bord, les passagers ont débarqué. Mais d’autres gens vont venir. 

Nous avons aussi fait des prélèvements de plastique (ndlr : dans le cadre du programme scientifique Micromégas qui consiste à effectuer des prélèvements d’eau de mer pour évaluer la teneur en méso et micro-polluants plastiques). Ne rien jeter rien dans la mer… C’est quand même pas compliqué d’aller jusqu’à la poubelle. 

Je remercie ceux qui donnent, à nous les jeunes, la chance de partir à bord de Fleur de Passion et de se ressourcer. Même si c’est dans le cadre d’un voyage de rupture ». 

Jonathan: « J’ai embarqué le 1er juin 2018 à bord du voilier Fleur de Passion pour trois mois. Les deux premiers mois, je suis resté à Nosy Be et ses alentours. Mon voyage a commencé à Hell-ville. C’est une très jolie ville malgré toute la pauvreté de ce pays. Je me souviens la première fois que je suis allé au marché, il y avait des mouches de partout, sur la viande et sur le poisson. Ça ne m’a pas vraiment donné envie de manger ce qu’ils vendaient sur place. Ce que j'ai vraiment aimé ce sont les tuk-tuk: une sorte de scooter à trois roues qui fait office de taxi.

Ma première navigation a été sur l’île de Nosy Tanikely, à environ une heure de Hell-ville. On est allé faire de la plongée et j'ai pu nager avec des petites tortues. C'était la première fois que j'en voyais. Dans l’eau, il y avait des petites méduses. Avec Emma et Candy (ndlr : membre de l'équipage de Fleur de Passion) nous nagions tranquillement et tout à coup, on s'est fait piquer partout. On a dû revenir vite en arrière, c'était vraiment horrible! Sinon, on a vu plein d'animaux, comme des makis. Ce sont des lémuriens qui sont hyper drôles. Il y en avait partout, ils sautaient de nul part. On a pu leur donner des bananes. Mais aussi des poissons, une énorme raie, des baleines, c'était incroyable, et des dauphins. J’ai vu des choses que je ne suis pas prêt d’oublier.

Par la suite, des passagers en vacances ont embarqué. Du coup, on a dû faire de grandes courses à Hell-ville, au Shampion (et non pas Champion !). Au port, les malgaches venaient directement sur nous et portaient les courses pour nous aider, en échange d’argent bien sûr. Ce qui parfois créait une énorme confusion, parce qu’ils venaient à 15 vers nous.

Après avoir embarqué les premiers passagers, nous avons visité des endroits magnifiques, notamment Nosy Iranja. Cette île est l’un des endroits les plus beaux au monde. Une énorme bande de sable sépare l’île en deux. Quand la mer monte on ne peut plus y aller. L'eau est vraiment bleu turquoise, ont pouvait voir le fond. Splendide!

Sur le bateau, on fait aussi des quarts. Ce sont des moments où on prend la barre à tour de rôle, selon un planning, pour que le bateau navigue en continu de nuit comme de jour. Mon premier quart de nuit s’est passé quand on allait à Nosy Iranja. On m'a réveillé à minuit pour faire mon quart jusqu’à 3 heures du matin. Sur le bateau, on travaille. J'ai dû poncer, poncer et encore poncer pour pouvoir ensuite appliquer du vernis sur le bateau. La vérité ? C’était vraiment ch… mais je n’avais pas le choix, ça faisait partie du voyage. Je me rappelle la première fois où j’ai dû monter les voiles: je pensais qu’il fallait juste tirer sur un bout et que la voile monterait… Mais c’est hyper lourd, faut être costaud quand même! Mais quand le bateau a toutes ses voiles dehors, c’est vraiment magnifique. C’est là où on voit sa beauté.

Plus tard, pendant le voyage, on a embraqué d’autres passagers. Ca été à peu près pareil à chaque fois. On faisait les mêmes navigations à quelques exceptions près, quand on est monté vers Nosy Mitsio et Tsarabanjina. Cette dernière île est toute petite. Il y a un hôtel cinq étoiles, et c’est environ 800 euros la nuit par personne. Je trouve ça vraiment hyper cher. Les propriétaires sont venus à bord et on leur a présenté le projet Pacifique.

Mon séjour de rupture était au même moment que la Coupe du monde de football. On a vu des matchs à la télévision à Nosy Sakatia. C’est vraiment magnifique et les gens sont hyper cool, il y avait une bonne ambiance. C'est l’endroit où on est allé le plus souvent et où on se sentait le mieux. On a fait la connaissance de Richard, un malgache qui travaille sur l’île et qui à son lodge. Richard est un ami de Pietro (ndlr : Pietro Godenzi, skipper de Fleur de Passion, président et membre fondateur de la fondation Pacifique). Ils se sont connus il y a plus de vingt ans. 

Ensuite nous avons embarqué d’autres passagers., des familles. C’était vraiment cool car il y avait enfin des enfants à bord. On a passé des soirées de fous à jouer au loup-garou jusqu’à minuit. Ensuite, les plus jeunes allaient se coucher et les ados (nous) restions sur le pont à parler de tout et de rien. J’ai pu partager des ressentis différents avec plusieurs personnes. Cela m’a ouvert l’esprit sur plein d’autres choses. Ces moments furent les meilleurs moments du séjour.

En vrai, il y a plein d’autres choses que je voudrais partager mais il y en a vraiment trop… Je voulais juste faire une petite nouvelle et non faire un livre ☺. »

EMMA 1

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JONATHAN ET LE SKIPPER 1

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