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Trouver ci-joint le bulletin mensuel des places d’embarquement disponibles à bord de nos deux voiliers Fleur de Passion et Mauritius pour la période mai-décembre 2018 dans le cadre du programme socio-éducatif Jeunes en mer. Ce programme d'une durée globale de huit mois dont deux mois d'embarquement s'adresse à des adolescents dès 14 ans, indistinctement filles et grçons. Pour tout complément d’information, contactez Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
L’équipe socio-éducative
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En ce mois de juin 2018, le second voilier de l’association Pacifique poursuit sa nouvelle saison de navigation entre deux phases de chantier. Avec à son bord trois ados du programmes Jeunes en mer. Direction les Baléares puis Gibraltar et les eaux atlantiques, pour une remontée qui conduira la goélette jusqu’en Bretagne fin juillet. Journal de bord.


Semaines du 24 mai au 7 juin 2018 sur le Mauritius
Equipage : Amélie, skipper; Yann, second; Khaled, chef de quart; Tamara, éducatrice; Camille, équipier; Yael, Sarah et Islam, ados du programmes Jeunes en mer.


« Le 24 mai 2018 à Toulon, le nouvel équipage arrive à bord du Mauritius. Il s’agit de Khaled et Amélie qui ont déjà navigué ensemble l’année précédente; Yann, marin accompli qui vient de Bretagne et dont l’expérience va profiter à tout le monde vu que le voilier s’apprête à partir pour un voyage qui s’achèvera, pour cet été en tout cas, à Camaret-sur-mer, dans le Finistère. Yaël, l’un des trois ados du programme socio-éducatif Jeunes en mer, est désormais l’équipier le plus ancien à bord. Jeune garçon de 16 ans qui vient participer à l’aventure, il avait embarqué à Majorque quelques semaines plus tôt.
Nous sommes agréablement surpris lorsque nous montons à bord car le bateau sort de chantier (un autre doit suivre à l’automne) et nous découvrons les améliorations au fur et à mesure que nous reprenons possession de l’espace.
Le reste de l’équipe nous rejoint plus tard, le 30 mai. Il s’agit de Tamara, l’éducatrice, accompagnée de Sarah et Islam, deux autres adolescents genevois venus comme Yaël (et un peu comme nous tous à vrai dire…) chercher une partie d’eux-mêmes en mer. Nous mettons ce temps à profit en nous re-familiarisant avec le bateau et en le préparant à prendre la mer dans les meilleures conditions.
Lorsque Tamara et les jeunes arrivent à bord, nous avons le bonheur de profiter de leur enthousiasme. Les jeunes ont le sourire littéralement figé aux lèvres. C’est la première fois qu’Islam voit la mer, quelle émotion pour lui comme pour nous ! Le lendemain, le 31 mai, nous recevons Camille, intéressé par cette navigation et qui se propose d’embarquer en tant qu’équipier. Tout ce petit monde s’affaire aux derniers préparatifs, courses d’approvisionnement, complément d’eau, bricolage et très vite dès que nous sortons de la rade de Toulon, nous hissons les voiles direction Porquerolles. 
Nous sommes le 1er juin 2018, le vent souffle d’ouest et nous porte toutes voiles dehors jusqu’au magnifique mouillage de la plage de la Courtade, au nord de l’île. Nous reprenons le large le lendemain matin, profitant d’un petit régime d’Est pour faire cap sur les Baléares, la distance à parcourir pour atteindre Majorque est de 250 miles nautiques (460 km), soit 2 jours de mer environ. Nous croisons énormément de poissons lunes, une tortue sur notre tribord et un groupe de quelques dauphins communs qui viennent jouer à l’étrave du bateau assez longtemps pour émerveiller tout l’équipage. Pas mal pour un début! Décidément, Islam bénéficie de la chance du débutant car en seulement deux jours de mer, il a déjà vu beaucoup de choses et a même pêché son premier poisson !
La navigation se déroule très bien, nous avons l’occasion de faire deux prélèvements d’eau de surface dans le cadre du programme Micromégas de cartographie de la pollution micro-plastique en partenariat avec l’association Oceaneye car les conditions le permettent. Les jeunes se sont montrés très intéressés par les exercices de carte, ils ont appris à tracer une route, calculer les distances, situer le bateau, prendre conscience de l’évolution de la météo et participer aux surveillances de la machine.
Les côtes de Minorque et leur halo lumineux apparaissent dans la nuit du 3 au 4 juin. Le vent a tourné dans l’après-midi du 3 et s’est mis à souffler avec une grosse tendance sud. Nous avons donc opté pour un atterrissage à Majorque car le nord de l’île dispose de bons mouillages protégés des vents de sud. 
Nous mouillons l’ancre face au port de Pollensa et six d’entre nous partent explorer la ville et faire un appoint de courses. Après une bonne nuit de sommeil, tout le monde est sur le pont, balais et sceaux en mains, et nous donnons au Mauritius une douche bien méritée. Départ pour la calanque de Figuera après le passage du cap Formentor au NO, impressionnant par ses falaises escarpées, ses grottes et son relief massif quand nous passons à son pied. La journée au mouillage de Figuera divise l’équipe en deux: l’une restant à bord pour s’occuper des tâches quotidiennes et l’autre armée de sacs à dos, bien décidée à ramener quelques plantes endémiques aux Baléares et aux vertus reconnues. Nous nous retrouvons tous le soir pour profiter d’un beau couché de soleil sur les falaises et se raconter nos après-midi respectives. Le vent est quasiment nul et les esprits détendus mais… comme l’équipage le sait, la météo en Méditerranée peut être imprévisible et en fin de soirée, alors que tout le monde est allé rejoindre sa bannette, le vent se met à souffler en rafales et l’ancre finit par décrocher après un coup de vent qui aura été plus fort que les autres. Le vent de sud s’accélère dans la baie à cause d’un effet venturi créé par les falaises qui la bordent. Nous quittons les lieux et décidons de rejoindre le mouillage précédent. Ce petit évènement rappelle à tout l’équipage qu’il faut rester constamment vigilant sur un bateau malgré le beau temps apparent. Yaël a été d’une aide très appréciable pendant tout le long du changement de mouillage. Et aussi surprenant que cela puisse être vu l’affairement qu’il y avait sur le pont, Sarah et Islam n’ont pas été réveillés, ils n’ont pris conscience que le lendemain de ce qu’il s’était passé !  
Après un topo météo pour décider de la suite du programme, nous hissons les voiles cap au SO pour rejoindre Ibiza. Après une journée de mer nous arrivons au mouillage de la cala Talamanca, une baie juste au-dessus de la vieille ville d’Ibiza, bien protégée des vents de sud annoncés. Nous resterons dans les alentours d’Ibiza tant que les vents ne nous seront pas favorables pour nous rendre à Malaga, prochaine étape de notre parcours méditerranéen."

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Jonas B., 18 ans en ce mois d’avril 2018, était encore mineur quand il a embarqué sur Fleur de Passion en novembre 2017 à Manado, en Indonésie, dans le cadre du programme socio-éducatif Jeunes en mer. Et dans celui, encore plus large, de The Ocean Mapping Expedition, tour du monde de quatre ans (2015-2019) dans le sillage de Magellan sous l’égide de la fondation Pacifique et mêlant science, éducation et culture.
Pendant deux mois et demi, via Cebu, Mactan et les Visayas dans le centre des Philippines puis jusqu’à Puerto Galera, fin janvier 2018, il a fait l’expérience de la vie en mer sur un voilier « de travail », s’initiant à la manoeuvre, à l’entretien courant du bateau et à toutes les tâches inhérentes à la vie du bord. Depuis Genève, il partage son témoignage.

En mer - « Je réfléchissais à plein de trucs, au voyage, à ma vie d’après, à ma vie d’avant »

« J’avais déjà l’occasion de naviguer deux semaines en mer sur le Mauritius (ndlr: le second voilier de l’association Pacifique) et j’avais beaucoup aimé. Les navigations étaient les meilleurs moments pour moi. Quand j’avais pas de tâches à faire, je prenais un bouquin et j’allais lire. Je me sentais bien, le bouquin, je le dévorais alors que normalement j’arrive pas à lire. J’avais aussi moins de peine à effectuer mes tâches quand on était en mer. Et il y a moins de tentations. Tu sais que si tu veux boire, ben tu peux pas. Il y a eu des hauts et des bas, deux mois c’est quand même long. J’ai parfois eu de la peine avec la vie en communauté, c’est toujours les mêmes personnes que tu vois. Et quand tu viens de t’engueuler avec quelqu’un et que t’as plus envie de le voir, ben t’es obligé de le recroiser je sais pas combien de fois dans le journée et tu peux pas aller te calmer ailleurs. Tu es coincé sur le bateau. Plus le fait que je ne pouvais pas fumer et boire quand je voulais. C’était dur. J’avais de la peine à dormir. C’est pas qu’il faisait chaud, c’est qui faisait super chaud, il y avait des moustiques et que je pouvais pas fumer mes joints avant de dormir. Ecouter de la musique le soir me calmait et du coup, je réfléchissais à plein de trucs, au voyage, à ma vie d’après, à ma vie d’avant. » 

Sur la terre - « Rester dans un port, plus rester sur un bateau, c’était vraiment dur »

« L’escale à Cebu a été la période la plus difficile pour moi. J’avais tout le temps envie de partir du bateau, j’avais envie de faire mon voyage à moi en fait. La ville est super polluée, ça pue, il y a des rats. On était bloqué là-bas, on attentait je sais pas qui… Sur le moment j’avais pas compris l’importance des gens qui venaient sur le bateau, mais ils font vivre le truc, ça aide. Mais moi je me disais, il y a des requins à aller voir là bas, des endroits à visiter, des gens à rencontrer... Rester dans un port, plus rester sur un bateau, c’était vraiment dur. Les moments cools, c’était quand il y avait des gens sur le bateau, quand il y avait des évènements. J’ai un bon souvenir à Cebu, le jour où on a embarqué les enfants d’une école et qu’on a fait un tour d’une journée. Je sortais d’une période où j’étais plus du tout motivé à travailler sur le bateau, je faisais tout à reculons, j’étais bloqué sur moi et je n’avais qu’une idée, c’était rentrer chez moi. Cette journée avec les gamins, ça m’a fait repartir dans le bon sens, c’était un super moment. »

Les rencontres - « Et puis on est resté une heure, tout le monde venait pour parler avec nous »

« J’ai rencontré un indonésien à une escale, on a échangé nos numéros et discuté. Lui travaillait dans une rizière, il m’a montré des photos, m’a raconté sa vie. C’était un super bel échange. Moi je lui racontais que je vivais sur un bateau et il était super enthousiaste. Je suis dégouté car le téléphone sur lequel j’avais enregistré son numéro est tombé au fond de la cale, dans l’eau de mer.
Sur le bateau, j’ai beaucoup parlé avec Daniel McGinnis (ndlr: professeur à l’Université de Genève, chef du Groupe de Physique aquatique du Département Forel et responsable du programme The Winds of Change de monitoring des gaz à effet de serre lancé à bord de Fleur de Passion aux Philippines en décembre 2017), il est super sympa, super cool, super compréhensif, toujours ouvert à la discussion. Je pouvais parler en anglais avec lui, ça me permettait de pratiquer un peu. Je lui ai aussi appris quelques mots en français. Là je cite Daniel, mais il y avait tout les autres avec qui j’ai passé des bons moments. L’équipage, Amélie, Séb, Camille (ndlr: respectivement la et le skipper qui se se sont succédés à la barre et le second de l’équipage). Les autres jeunes sur le bateau aussi.
Un des mes meilleurs souvenirs aussi, c’était en Indonésie avec Ludo (ndlr: le chef plongeur du bord) et Kader (ndlr: l’éducateur-accompagnateur). On était allé faire des courses dans un village et on demande aux gens du marché ou est-ce qu’on peut boire un café. Ils nous répondent bah ici, on va vous l’apporter. Et puis on est resté une heure, tout le monde venait pour parler avec nous. Et puis quand on est aller cherché le Zodiac pour rentrer sur Fleur, il y avait plein de gamins dessus qui sautaient dans l’eau… Sauf qu’ils avaient débouchés un bouchon et que le zodiac prenait l’eau et que c’était bientôt la nuit et qu’on ne trouvait plus le bateau, qu’on ne savait pas exactement ou il y avait des rochers. On a eu un peu peur. 
On a rencontré un couple à Mactan qui voyageait en voilier et qui faisait le tour du monde. Ils ont tout quitté. Et ça m’a fait rêver… Je pense que clairement, avant, faut avoir de l’expérience, car tu te retrouves seul en mer, faut savoir gérer. La mer, t’as beau avoir des instruments technologiques, c’est elle qui décide, qui te mène. J’aimerais vraiment repartir en mer, naviguer. Même sur le lac ! »

Ce qui marque - « Certains enfants m’appelaient boss »
« La pauvreté des gens, ça m’a beaucoup touché. Quand on est arrivé à Cebu, on était donc au Yacht Club et de l’autre côté de la route il y avait des bidonvilles. D’un côté les riches et de l’autre côté les pauvres. Le contraste entre les deux, c’est abusé.
Les gamins là bas ils voient que t’es blanc ou que t’as un tee-shirt pas pareil qu’eux et ils le remarquent, ils viennent te voir dans la rue pour te demander de l’argent. Certains enfants m’appelaient « boss » et me disaient « give me money, give me money » et je disais « I dont have money, just cigarettes » et j’allais pas leur filer des clopes, ils avaient 4 ans et demi... Une fois, on était devant une petite supérette avec Tim et Manon (ndlr: deux autres adolescents du programme Jeunes en mer), il nous restait un peu de monnaie. On l’a filée à un gamin, il était tellement content. 
Les gens là bas doivent être beaucoup plus débrouillards que nous, ils doivent se démerder. Les enfants travaillent. Les gamins qui emmènent les touristes faire de la plongée, ils ont même pas 12 ans. Les bateaux font un boucan insupportable car ils sont équipés de moteurs de tondeuse ou des moteurs pourris récupérés. On en parlait avec Kader, en se demandant si ils étaient sourds à 30 ans vu qu’ils commencent si jeunes. 

Bilan - « Je ne réalise pas trop non plus »

« Moi je pars du principe que les trucs qu’on fait dans la vie, même si ce sont des erreurs, il ne faut rien regretter. Ça ne sert à rien. Pour moi c’était une expérience de dingue, je l’ai fait une fois dans ma vie et j’ai bien fait de partir. Ça m’a fait du bien et je serais bien resté sur le bateau un peu plus longtemps si j’avais le droit de boire un peu plus souvent.
Sur le bateau, Camille m’a parlé d’un service civique orienté mer. Ça peut être super intéressant car tu vois des aspects différents, que ça soit naviguer, réparer des voiles, de la charpente maritime, la menuiserie, mécanique moteur. Et en plus tu navigues, tu rencontres des gens. Je ne sais plus comment va cette phrase exactement, du genre « je ne suis pas citoyen français, mais citoyen du monde », mais je me reconnais là-dedans. Je me sens pas bloqué ici ou bloqué en Europe. Je l’ai déjà dit à ma famille et à mes potes qu’un jour, je partirais. Et être sur le bateau a encore renforcé ça. Je réalise ce que j’ai fait, mais je ne réalise pas trop non plus. C’est un truc de ouf quand je me remémore des souvenirs. Mes potes me disent que j’ai eu trop de chance et clairement j’ai eu trop de chance. Je sais que plein de gens aimeraient bien partir en mer comme ça.  
J’ai essayé de tenir mon objectif de pourquoi j’étais venu sur le bateau au maximum. Je voulais arrêter de fumer, de consommer des drogues, calmer ma conso d’alcool. En partant comme ça, j’ai voulu me couper des choses et des gens nocifs. Faire un travail sur moi, prendre du temps pour réfléchir et le bateau c’était un bon moyen pour faire tout ça et de voyager en même temps, voir du paysage et rencontrer des gens. »

Trouver ci-joint le bulletin mensuel des places d’embarquement disponibles à bord de nos deux voiliers Fleur de Passion et Mauritius pour la période mai-décembre 2018 dans le cadre du programme socio-éducatif Jeunes en mer. Merci de votre attention et pour tout complément d’information, contactez Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
L’équipe socio-éducative

Association Pacifique Programme Jeunes en mer Bulletin des places dembarquement 2018.05

 

Avis/rappel aux membres de l'association Pacifique, qui auront le droit de vote, mais aussi aux partenaires, soutiens, amis et proches qui sont eux aussi cordialement invités à ce moment à la fois formel et convivial...

L'AG 2018 aura lieu le mercredi 23 mai à partir de 19h30 au local de l'association "Le Fil du Rhône", à Vernier.

L’ordre du jour est le suivant : 

1. Accueil et bienvenue

2. Désignation des scrutateurs

3. Approbation du procès-verbal de l’AG 2017

4. Présentation du rapport d’activité 2017

5. Présentation des comptes 2017

6. Rapport de l’organe de révision

7. Approbation des comptes 2017

8. Décharge au Comité et à l’organe exécutif

9. Élection de l’organe de révision

10. Propositions individuelles et divers 

Vous trouverez le PV de l’AG 2017, le rapport d’activité 2016 et un plan d’accès à notre local sur http://www.pacifique.ch/index.php/documents/publics

Pour des questions d'organisation, merci de bien vouloir annoncer votre présence à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Au plaisir de vous accueillir nombreux!